Carnet de voyage de Malaisie

Du 10 au 13 janvier 2006

C'est donc le couteau entre les dents que je pars sur les routes malaises...
Pendant ces 4 jours j'arrive à garder un bon rythme. Le physique n'est pas trop à la traîne. J'enfile les kms et rejoints rapidement Kuala Lumpur ou "KL" comme les malais l'appelle tous.
En bref, le vélo m'a pris pas mal de temps. Ainsi je pense ou j'espère plutôt que c'est les adaptations nécessaires après toutes les pièces changées en Inde.
Le temps est lui très dur. Les deux premiers jours, j ai pris la flotte et pas qu'un peu. Résultat, je sais que mes sacs ne sont pas étanches et mes affaires sentent encore le moisi après 4 jours...
Les deux jours suivants, le soleil s'est montré et j ai pris des coups de soleil sur les mains et dans le cou... Bref, à l'avenir, je me méfierai plus de temps.
J'en ai déjà tiré quelques leçons car je viens d'acheter, à KL, des sacs étanches pour mettre autour de mes bagages !
Concernant l'état des routes, il est parfait. Même sur les petites routes perdues (car je me suis perdu une fois) l'asphalte est assez parfait. Il n'y a pas de trous. Il y a de nombreuses stations service avec clim, toutes les boissons énergétiques dont je peux rêver, des glaces et des barres chocolatées. Bref, je peux faire des pauses dans des conditions luxueuses assez souvent !
Les malais sont assez cools. Ils aiment me faire signe le pouce levé... Je me suis fait offrir à manger dans les 3 endroits où j ai dormi (un restaurant, une mosquée et une police station...).
Le seul point noir est le fait qu'il y a beaucoup de chinois. Eux je ne peux pas les "piffrer" et je pense que c'est réciproque car a plusieurs reprises, ils n'ont pas daigné m'indiquer la direction à prendre, sans même baisser la vitre de leur voiture. Et un chinois ne m'a pas autorisé à planter la tente dans son immense jardin alors qu'il pleuvait...
Le premier constat sur l'Asie du sud-Est est bien moins flatteur que celui des pays traversés précédemment. Mais il y a quand même un bon potentiel de surprises donc je garde espoir !!!
Ah oui, dernier point, on m'a dit de me méfier des serpents noirs. Ils sont très dangereux. Ce sont des cobras (mais pas royaux). Résultat, la nuit dans la mosquée, j'ai peu dormi car j'avais peur... En plus, j'ai croisé deux cadavres assez frais et imposants sur la route... Et juste avant KL, dans une petite route en forêt, j'ai pas du passer bien loin de l'un deux car j'ai entendu un sifflement qui m'a vraiment foutu les boules !!!
Enfin, je fais gaffe quoi !

Kuala Lumpur le 14 janvier 2006

Pour mon premier jour de repos, je sors de l'hôtel à 11h00. Enfin je me suis levé tôt mais j'ai bien larvé en suite, devant des matchs de foot de la "premier league" anglaise...
Mon objectif unique ici est de visiter les tours Petronas.
Quand j'arrive sur place, vers 14h, il n'y a plus de place disponible pour aujourd'hui. Je peux si je veux revenir demain matin pour prendre un billet pour dans la journée.... Mais en racontant mon histoire de vélo autour de l'Asie, le gars la joue sympa et me fait entrer sans billet pour la visite... C'est bien cool de sa part !
La visite est sympa et l'ensemble de 2 tours, ainsi que le pont suspendu du 41e étage, sont hyper impressionnants.
Puis je tente un cybercafé. Je découvre qu'en Asie du Sud Est, les cybercafés sont environ 4 fois plus gros que ceux que j'ai vus dans les autres pays. Ils ont tous un système audio de folie avec des basses à vous faire sortir le cerveau du crâne.... Pour finir, les jeunes locaux viennent y jouer et se régalent de crier par-dessus tout le vacarme électronique...
Moi qui improvisais mes messages dans les cybercafés auparavant, je sens que cela va me plaire ! J'en sors le cerveau complètement vide et comme il pleut, "again", je rentre à l'hôtel voir des matchs de football...

Sengai Besar, Berouas du 15 au 17 janvier 2006

Tout commence bizarrement par un énorme soleil, le matin du départ de KL...
Comme j'ai de la crème solaire, cela se gère tranquille ! Puis, en début d'après midi, je prends une énorme averse sur la face...
Comme j'ai acheté des protège-sacs étanches à KL, je m'en sors facile... Je suis vraiment content de trouver tout ce dont j'ai besoin dans ce pays au climat pourri.
La route est super belle et les stands de fruits sont nombreux au bord de la route. Il y a beaucoup de mangues et d'arbouses... Mais n'ayant pas faim, je goûterai plus tard !
Vers 17h, encore frais, je décide de stopper pour assurer le bon état des jambes... Une station de police me propose un bout de sa pelouse. C'est plus qu'il n'en faut pour mon bonheur ! Je sympathise sur place avec Jim Chin, un chinois (sic...) qui fait parti de la spécial branch (le FBI malais, me dit-il).
Après m'avoir rassuré sur le fait que la Malaisie était un pays sûr, il m'invite à manger... Tout cela est de bonne augure pour la fin de la Malaisie. Le lendemain, je replie une tente humide. Il a flotte pendant la nuit (étonnant non ?).
Je décide de mettre le turbo, la pluie cela va un peu. Le début de route est super sympa mais après 50 Km je quitte la "grande route" pour emprunter une "routette" qui zigzague entre marais et forêts...
A un moment, je suis surpris par un singe au bord de la route. Lui est d'autant plus surpris que moi, qu'il émet à mon encontre une série de cris qui me foutent les boules !
Le temps de me remettre de mes émotions... Que vois-je à 5m de moi... ? Le pire de mes cauchemars ! Ou plutôt celui qui m'empêche de dormir quand je suis sous la tente. Il est noir, long et assez gros. C'est ce p... de Cobra Royal, le plus venimeux au monde... Quand il me voit, il doit avoir encore plus peur que moi car il se barre à une vitesse de folie.
En 1 seconde, il disparaît et je vois des buissons bouger à 5 m de là où il était... Là j'ai le coeur qui s'emballe un peu. En fait, je me rends compte que je suis assez silencieux avec le vélo. Et comme on est sur une petite route, tout le monde était cool, décontracté, à profiter du soleil. Donc, je mets sur pied mon plan de secours : Dès qu'il n'y a pas de voiture pendant 30 secondes, je chante... Au point où on en est avec la pluie...
Un peu plus loin, je vois un énorme lézard de 60cm de long. Je crie, j'hurle, je gueule. Il tourne à peine sa tête pour me regarder. Donc très courageux, je me place à droite sur le côté opposé (En Malaisie, on roule à gauche). Je suis sûr qu'il est mort de rire mon lézard !!!!
Le soir, je trouve une mosquée. Les locaux me proposent une super place, protégée de la pluie. Ils me rassurent. Je ne verrai pas de cobra ici. On met une poudre autour des bâtiments qui les fait fuir...
Ouf je dors bien...
Pour le jour suivant, en regardant sur la carte, je vois que Penang est à porter de vélo si je fais une grosse journée... C'est donc décidé, j'appuie comme un fou sur les pédales et rejoins Penang après 145 Km.
A 17h00 je me pointe au péage du pont pour aller sur l'île. Là, on me jette en me disant : "Bicycle No, go ferry !!!" Je te les maudit tous en français. Etant donné que je suis bien fatigué et que cela m'énerve !!! Mais finalement le ferry en vélo, c'est rigolo.
Je ne suis pas obligé de respecter toutes les files et double tout le monde.

Penang le 18 janvier 2006

La visite d'un des points d'attraction culturel Malais est un peu décevante.
Georgetown, ville principale de l'île de Penang, a un fort, un quartier juif, un quartier musulman, un quartier hindou, et un énorme Chinatown !
L'aménagement du fort en musée est réussi. Le musée d'histoire de Georgetown nous fait bien comprendre que la richesse de Penang, comme de la péninsule Malaisienne vient de la diversité des peuples qui la constituent. Cependant, les indiens sont un peu fades et timides, comparés aux indiens qui vivent en Inde.
Les chinois sont aussi pénibles qu'en Chine : Ils ne sont pas discrets. Ils rotent tout le temps. Ils crachent partout. Ils sont toujours à gueuler dès qu'ils veulent parler. Ils ne sourient jamais et parlent toujours d'argent ! Et les malais dans tout ça ! Ils sont plus discrets que les autres, plus souriants mais assez bornés quand tu vas dormir dans une mosquée... A chaque fois, ils me conseillent de me convertir !
Remarque : Je suis habitué à cela... Je garderai donc de la Malaisie des supers routes, la pluie, des paysages agréables (avec des serpents) et des plages pas très jolies... Pour finir, je note qu'ils n'ont que peu de motos mais ont tous des scooters... ça change.

Georgetown, Jitra du 19 au 20 janvier 2006

Les journées sont maintenant chaudes, donc je crème... Et ça passe. Au moins, ca pue moins le moisi dans mes affaires. Par contre, les gens parlent toujours aussi peu anglais donc les journées sont un peu longues. Le soir, je dors dans un parc conseillé par la police. A mon retour du repas, le soir, je tombe sur une bande de Malais qui joue au Takraw, le foot local qui ressemble au volley mais joué avec les pieds...
Ces mecs me sidèrent tellement ils assurent. Ils s'envoient pour s'entraîner des mines les uns sur les autres et tous remontent la balle sans qu'elle touche le sol, trop facile... Je passe une bonne soirée à les regarder. En effet, ils me proposent de jouer avec eux mais je refuse. Je me sens vraiment nul là !
Sinon à quelques Km de la frontière le lendemain, je découvre un magasin de vélo qui vend du Shimano... Je me rassure en achetant quelques articles... Mais j'ai toujours cette sacrée roue arrière, comme épée de Damoclès au dessus de la tête, depuis que l'axe a été tordu... Enfin, la Malaisie se termine tranquillement.