Carnet de voyage d'Inde

Wagah Border, le 27 octobre 2005

Mon entrée en Inde a été a la fois hilarante et effrayante !
Pour faire passer les marchandises, les camions sont bloqués a la frontière et déchargés par une centaine de pakistanais en bleu clair jusqu'à la ligne blanche matérialisant la frontière ou des centaines d'Indiens prennent le relais en bleu foncé.
Autant les pak sont des pauvres qui veulent du travail et ils peuvent se faire engueuler, autant les indiens se prennent des coups de bâton assez souvent. Mais personne ne semble se plaindre. Je pense que ce sont les intouchables, les sans caste.
Et en même temps, Seb et Lyly déclarent les 1000 roupies indiennes qu'ils ont juste changées avant la frontière, au Pakistan.
Mais il est interdit d'entrer ou sortir avec des roupies indiennes en Inde donc le flic les menacent de tout leur confisquer. Seb est vert et moi je suis écroulé en deux devant tout le monde.
Finalement, l'officier indien après les avoir fait mariner 20 minutes et avoir fait passer Seb de vert à jaune, change leur déclaration avec le sourire et oublie tout !
Quelle entrée, il est 13h et nous partons sur le champ pour Amritsar.
Le trafic est, je pense pour l'Inde, normalement chaotique. La route est en super état. A chaque pause, c'est entre 20 et 50 indiens qui entourent Niccolo avec des regards amusés, et encore on est à la campagne !
Et pour finir, chacun de mes départs provoquent des crises de rire, que je vis parfois assez mal.
A l entrée à Amritsar, la circulation est plus dense qu'à Lahore, mais c'est moins chaotique. On a la chance de suivre le flux général ! On trouve sans difficulté le Golden Temple ou des sortes de guerriers Sikhs nous montrent le chemin jusqu'à un dortoir gratuit avec le sourire !

Amritsar, le 28 octobre 2005

Le golden temple est le lieu saint des Sikhs. Au Punjab, région du Nord-Est de l'Inde, au 15ieme siècle, naquit Guru Nanak, de religion hindoue. Il appartenait à la classe des Ksatriyas, nobles et guerriers. Au fur et à mesure de son apprentissage, il se rapprocha de l'islam, reprochant à l'hindouisme son ritualisme et son système de castes. A 27 ans, il fit une rencontre mystique et se retira trois jours pour méditer. " Il n'y a pas d'hindous, il n'y a pas de musulmans. Il n'y a qu'un Dieu, la Vérité suprême ".
Ainsi naquit une nouvelle religion, le sikhisme. On reconnaît un Sikh à 5 caractéristiques :

  • Kesh : se laisser pousser les poils, c'est-à-dire la barbe, la moustache et les cheveux.
  • Kangha : porter un peigne de bois ou d'ivoire placé dans leur chignon au sommet de leur crane.
  • Kara : porter un bracelet d'argent à leur poignet droit.
  • Kacca : s'habiller d'un caleçon court.
  • Kirpan : porter un poignard ou une épée pour se défendre.

Fort de cet environnement détonnant de couleurs et de costumes, je passe ma journée à flâner entre le calme et la splendeur du temple et, la vie et la poussière de la rue. Je mange le dall, plat de lentille, avec tout le monde au temple (c est gratuit !). Seb de son cote rentre bourré le soir au temple et manque de se faire virer car il est interdit de boire au temple.
Et je revois Robert qui me demande de l'accompagner pour acheter sa moto le lendemain. Il prendra une Honda 100cc à 400$, donnée quoi !

Majitha, Dera Baba Nanak et Patankhot, du 29 octobre au 1er novembre 2005

Ces 4 jours sont des purs moments de bonheurs simples.
Les journées sur les petites routes de la campagne indienne sont agréables, les pauses nombreuses. On rigole beaucoup avec Seb qui aiment que l'on aille " baiser une bière " de temps en temps (je cite).
Les soirées apportent toutes leur lot de surprises : de la nuit dans un poste de police dirigé par un Sikh ou Seb oublie une bouteille de Whisky sur sa telé... à la maison de riches Sikhs ou Seb, encore lui, part en ville manger du poulet juste avant le repas... en passant par un temple hindou à l'ambiance fumeuse... euh fameuse (txs Sylvain), à la nuit blanche dans un champ de manguiers le soir de la Di Walli.
Chaque nuit sous la tente est un moment de bonheur sauf pour le froid qui m'oblige à quitter Seb et Lyly qui vont vers le Nord, à Chamba.
Je pars me réchauffer dans les guest houses de Mc Leod Ganj en attendant mon colis pour Niccolo.

Hymachal Pradesh, Mc Leod Ganj, du 2 au 11 novembre 2005

Je rejoins après une journée de vélo, 85 km et 150m de dénivelle positif, la bourgade de Daramsalah, au pied du gouvernement tibétain en exil. J'avais oublié de telles journées de vélo au Pakistan....
Cependant la route dans la Kangra Valley est magnifique de vert, de fraîcheur et pleines de singes qui au début me font peur, mais rapidement je me rends compte qu'ils ont plus peur de moi, que moi d'eux. Et des serpents aussi... Mais heureusement je n'en vois aucun ce jour là. Les gens sont sympas, curieux mais pas envahissants.
Daramsalah n'est pas une ville géniale. Il y a un bazar mais qui ne rivalise pas avec ceux de Kashgar, Osh ou même Pindi.
Le jour suivant j'établis enfin mon premier contact avec les tibétains. Ils se révèlent jovial même si je ressens un peu le côté business dû au côté touristique de l'endroit où je suis...
Le temple bouddhique du gouvernement est beau mais décoré sans excès en comparaison des temples hindous qui ont été ça et là sur ma route.
L'ambiance dans ce lieu est calme et appréciable après l'explosion de vie rencontrée dans le Punjab.
Je rejoints ensuite Mc Leod ou je reste quelques temps (le 12 novembre j'y suis encore).
Le village est compose de 4 rues pleines de boutiques, de restos et de la résidence de His Holiness le 14eme Dalai Lama, exilé dans ce lieu à la veille de la révolution culturelle chinoise au tibet.
Le lieu est vraiment touristique et les contacts avec les tibétains se limitent souvent à des brefs mais francs sourires de salutations. J y fais la connaissancede Jetsun, un francais qui a vécu au Darjeeling toute son enfance et qui, après des études a Londres, sur la phylo bouddhiste, vient passer un an pour étudier avec les tibétains. Il me donne quelques éléments sur le bouddhisme tibétain et m'emmène à une audience publique du 11eme Karmapa.
Cette personne est le lama d'un des 4 courants bouddhiques tibétains, celui des bonnets rouges, comme HH Dalai Lama est le lama des bonnets jaunes.
Lors de l'audience je lui offre un kata (morceau de soie blanc) comme recommandé par Jetsun et en retour, le Karmapa me donne un bracelet porte bonheur. C est bref mais assez génial à vivre.
Une fois cette visite terminée, je vais au Nulbulinka Center, un camp de réfugies tibétains où on souhaite préserver l'art tibétain.
J'ai donc la possibilité de voir travailler des artisans sur du bois et des tissus.
Le temple y est magnifique.
J'y surprends même des moines en costumes en train de jouer au basket, c'est étonnant.
Sinon, les jours suivent et se ressemblent. Chaque matin, je vais à la poste pour voir si mon paquet est arrivé.
J'occupe mes journées par des balades (l'endroit est agréable), des cours d Hindi (Je suis en Inde au moins deux mois donc j'essaie... On ne refait pas les mêmes conneries que pour l'anglais) et des cours de cuisine Tibétaines.
J'aide aussi des volontaires pour nettoyer certaines parties de Mc Leod et environs et je vais dans des movie theatre (sallles avec des grandes télévisions ou les films DVD sont en anglais...).
Bref je m occupe tant bien que mal...

Mc Leod Ganj, du 12 au 24 novembre 2005

Le colis doit arriver sous peu. J attends donc. Je passe le plus clair de mon temps au temple en face de la résidence du Dalai Lama. Ce dernier est aux USA ou il doit rencontrer G.W Bush, pour partager leurs visions sur l'avenir du Tibet... Comme, de plus, on me dit qu'il est assez fatigué en ce moment, il ne tiendra pas d'audiences publiques lors de mon séjour ici.
Je ne le verrai donc pas.
En attendant, le temple est un lieu génial. Ici tout est calme. On est loin de l'Inde. Les moines pratiquent leurs débats matins et soirs devant qui veut y assister (dont moi).
Le couche de soleil est magnifique. Je passe des journées entières à lire et rêvasser. J ai même l'occasion de passer plusieurs heures à assister à la création d'un mandala de sable, en l'honneur de l'anniversaire de l'exil de Bouddha !
Bref, je m'oublie et m'évade un peu du voyage et pense à après... même si ce n'est pas le moment...

Le colis est enfin arrive ce matin. On est le 21 et cela me va car mon séjour commençait à peser.
Cependant, bizarrement, je ne répare pas le vélo de suite. J'ai décide de descendre en train, a Trivendrum, le point le plus au Sud de l'Inde. Je dois y retrouver Clo pour Noël et ainsi je pourrai un peu préparer sa venue a l'avance et profiter de cette partie de l'Inde.
Comme tout cela est clair et que j'ai donc le temps, je patiente un peu et comme un bonheur ne vient jamais seul, Seb et Lily viennent de débarquer à Mc Leod. Ils ont eu une casse de dérailleur et sont maintenant bloqués en attendant, comme moi, une pièce de France.
On est au final très heureux de se retrouver. On décide même avec Seb de faire un trek d'une journée vers un village perdu en hauteur dans les montagnes. Mais le résultat sportif n'est pas brillant.
En fait, des 10h, on s'arrête consécutivement dans 2 bars et on se siffle 1 litre et demi de cidre indien chacun (8 degré le bougre). Ayant oublié la vodka d'Asie centrale, je supporte aussi mal que Seb et on renonce au village après 1 heure de marche. C'est assez drôle de faire le retour bourré. Heureusement que ca descend...
Finalement après avoir réparé Niccolo et renvoyé la remorque en France (j'ai maintenant de beaux sacs neufs à la place), je mets les voiles en bus vers Delhi. J'aurai pu décider de partir en vélo mais j'ai eu peur d'entrer en vélo dans cette ville un peu dantesque....
Le soir du départ, Seb et lily sont là pour m'aider à mettre le vélo sur le toit du bus. Je l'attache tant bien que mal avec 2 tendeurs et 2 chaînes... Je ne suis pas hyper tranquille... 12 heures de bus, il peut s'en passer des choses...
Pendant le trajet, je me retrouve seul à l'arrière du bus. Je m'allonge donc. Apres 1 heure, on quitte les montagnes de l'Himachal Pradesh... Je m'endors en douceur, relax ... Jusqu'à 5 heures du matin, quand je suis réveillé par un bruit effroyable de tôle arrachée... Je me lève et regarde autour de moi. Tout est tranquille. Le bus est au ralenti. Je regarde derrière et, oh horreur absolue, je vois mon vélo s'éloigner du bus, en train de pendre piteusement sur une ligne haute tension... La je me lève et demande au bus de s'arrêter. On sort avec le chauffeur et ce couillon est mort de rire... Je suis vert. Finalement, il recule et récupère le vélo depuis le toit du bus. Je constate que mes chaînes en métal se sont tout simplement arrachées... et que un des tendeurs à cassé et l'autre a vu une extrémité en acier (en forme d'hameçon) se détordre... Le chauffeur la retord rapidement et me dit que cela suffit pour attacher le vélo jusqu'à Delhi. Au final, je n'ai le temps de rien vérifier sur l'état du vélo. De toute façon cela ne changerait rien. Mais je vis la fin du trajet (3 heures quand même...) sur un hérisson en me retournant a chaque trou ou bosse prises par le bus (et Dieu sait qu'il y en a en Inde !).
Finalement, le bus arrive à Delhi et Niccolo est descendu. Je suis extenué. Une rapide vérification de son état me rassure.. Des câbles sont à changer et la patte de dérailleur est tordue mais c'est tout... Je pourrai réparer sur place.

Delhi du 25 au 26 novembre 2005

Je me retrouve finalement très près de la gare où je dois prendre le train pour Trivendrum.
Après avoir tourné un petit peu pour arriver à un prix correct, je m'installe dans un hôtel minable (comme d'habitude, si si...). Je pars en quête de nouveaux câbles de dérailleurs et de freins. Finalement, c'est l'occasion pour moi de découvrir des rues où passent peux de touristes.
Je n'y croise pas les gens les plus riches de Delhi mais sans aucun doute les plus beaux sourires. De la troupe de petits va-nu-pied, à la grand-mère qui attend tranquillement que le temps passe au bord de sa maison/cabane en tôle, des chauffeurs de rickshaw qui attendent que l'on répare leur gagne-pain, aux vendeurs de thé sur les trottoirs, je découvre une petite vie bien rodée un peu a l'écart du modèle de l'Ouest. Cela me plait et je m'amuse à m'asseoir avec eux, en essayant de répondre aux questions que je ne comprends pas.
Comme j'ai décidé de descendre rapidement vers le Kerala, je vais acheter un billet de train pour le lendemain. Je choisis de prendre la dernière classe en couchette (4eme classe, nommée Sleeper Class). Le vendeur en gare me demande gentiment si je suis sûr de ce choix... Mais bon, je me dis qu'il n y en aura qu'un de trajet comme cela, alors autant jouer le jeu à fond ! D'autant plus que le vélo voyagera a part, bien protégé dans un wagon à bagage.

Finalement, c'est dans un bordel indescriptible (donc que je ne décrirai pas, car indescriptible - ça, c'est l'avantage de l'écrivain... Il fait ce qu il veut et vous, vous n'avez qu un truc à faire, c est lire !).
Je disais donc, c'est dans un bordel indescriptible que je monte dans le train. En guise de comparaison, pour ceux qui connaissent les trains couchettes SNCF, là où on met 4 personnes en 1ere classe ou 6 en 2eme classe en France, on en met 8 en Inde ! Mais le plus drôle, c'est que les indiens, ça ne les effraie pas et ils essaient de rentrer à 10 la dedans, au grand dam de touristes canadiens qui avaient réserves des places convoitées. Cela nous fait bien rire, Matthew (un anglais qui va a Trivendrum) et moi. Je rigole un peu moins quand j'apprends que le trajet doit durer 52 heures ! 52 HEURES, c est énorme ! C est plus de 2 jours complets !
Finalement, avec le fait que tout le monde soit patient, que lors de chaque arrêt sur le trajet, tous les mets de la création soient disponibles sur les quais, voir dans le train avec des vendeurs ambulants, tout se passe très bien.
On a quand même fait des pointes à 16 personnes dans notre compartiment... Mais ils avaient une excuse ces indiens : Ils voulaient chanter tous ensemble. Cela, entre autre, a été assez magique à vivre.
Au final, je suis étonné de rejoindre Trivendrum, dans le Kerala, après 54 heures (2h de retard, c'est pas mal, je trouve) dans un état relativement correct !

Kerala, du 28 novembre 2005 au 5 janvier 2006

Trivendrum

A l'arrivée, je récupère le vélo dans un état correct. Rien n'a eu l'air de trop souffrir sauf mon siège qui commence à se fissurer dangereusement ! Je décide de réfléchir à cela après un repos bien mérité...
Finalement, le choc du changement de climat (il fait très très chaud et très humide) fait que ce repos dure bien 3 jours. 3 jours pendant lesquels, je lis, je dors et je prends des douches froides, tout le temps...
Puis, je m'attaque aux réparations de Niccolo... Je trouve un protège dérailleur, pour éviter que la patte ne se retorde. Et j'essaie de le monter... Je force, normal.
Parfois, j'arrête de réfléchir pour économiser de l'énergie quand il fait trop chaud !
Et résultat, j'explose le pas de vis de l'axe de la roue arrière ! Bravo Dave, après avoir été bloque 3 semaines a MC Leod, avoir fait plus de 4000 kms en bus/train, je trouve le moyen d'exploser le vélo sans avoir fait un mètre dessus au Kerala ! Après quelques mails à mes parents et a Clo, elle pourra m'apporter de la fibre de verre avec un mode d'emploi préparé par mon père pour le siège et un axe neuf...
Je suis bloqué, jusqu'à l'arrivée de Clo, mais sauvé ! De rage, je décide que je quitterai l'Inde depuis Trivendrum. Il y a un vol pour Singapour chaque semaine. Celui qui suivra le départ de Clo sera pour moi... L'Inde et Niccolo, cela fait 2. J arrête de forcer les choses...

Nous sommes le 5 décembre et j'ai donc 12 jours avant l'arrivée de Clo. Je décide de faire le back-packer (et non bagpacker) et pars en éclaireur dans tous les lieux que je voulais proposer à Clo lors de sa venue... Au moins, cela nous évitera les coups de stress intempestifs qui accompagnent parfois les trajets vers l'inconnu...

Verkalla

Première destination, une plage paradisiaque, bordée de palmiers et délimitée a ses extrémités par des falaises !
Le guide est clair, c'est canon mais il y a des chances que le tourisme tue tout rapidement... Et bin, bingo... Le coin est vraiment génial. Il y a un temple vieux de 2000 ans, une piscine bordée de pierres au milieu de palmiers, grande comme 2 piscines olympiques et la plage... La plage, c'est pas comme la plage du Grau-du-Roi où quand tu arrives sur le sable, tu as peur de te retrouner tellement c'est laid... Là, c'est le paradis et le paradis, c est joli...
Par contre, sorti de la plage, il y a des pièges à touristes partout... Les hôtels recouvrent toutes les terres au dessus des falaises... Les repas ont des prix astronomiques, comparés à la réalité de l'Inde et il y a des blancs partout partout... Je suis dégoûte ! Snif...
Finalement, je me dis que c'est mieux que rien et je pars en quête d'un bon plan pour la venue de Clo... Un bon plan et une réservation car figurez vous que la haute saison, ici, est la plus courte et la plus intensive de l'Inde. C est du 15 Décembre au 5 Janvier, pile poil les dates de venue de Clo...
Bref, je pars en quête d'un bon plan hutte/cabane, pour réserver. Et je marche. Je visite. Je marchande (c'est nécessaire) et je marche surtout...
Arrivé à la fin de Verkalla, j'ai des idées mais le bonheur n'est pas garanti... Comment dire... Après 6 mois d'abstinence, je sens mal le plan : nos voisins sont a 2m et les murs sont en bambous...
Je vois des gens travailler à la réalisation d'un chemin... Je m'approche et ils sont étonnés de voir un touriste s'intéresser a eux. Je demande où va le chemin. Ils me disent qu'il doit arriver, à termes, à Karpil, un village isolé à 1 heure de marche.
Ajouté à mes 2 heures de marche pour trouver un bon plan, cela fait beaucoup mais, pour ne pas avoir de regret, je pars... J'essaie... J'arrive à un village fait de cabanes de pêcheurs, sans pêcheurs, avec quelques villas, au fond dans les terres... Je continue et demande au premier indien que je croise s'il sait ou on peut trouver des chambres à louer pas trop loin de la plage... Il me demande de le suivre et me montre sur la plage, au milieu de rien et prêt de cocotiers une cabane dont les murs sont en dur et le toit est fait de feuilles de bananiers. Elle est disponible si je veux.
Le résultat est sans appel. C'est le rêve ! Je réserve et paie d'avance la première nuit, cela sera le 19 décembre... Le seul hic est l'éloignement de tout. Cela sera clairement un avantage dans ce pays. Mais 3 heures de marche aller et 3 heures retour, si on veut voir Verkalla tous les jours, on va avoir de beaux mollets a la fin !
Finalement, en louant une moto, je me dis que c'est le paradis. (Résultat, à la veille de l'arrivée de Clo, je loue un petit scooter fatigué. C'est tellement plus drôle et tellement moins cher...)

Kollan

Présenté comme le point d'entrée des backwaters, un réseau de canaux et marres/lac desservant des plantations de bananiers, cocotiers et autres plantations de caoutchoutiers, Kollan est une ville qui m'inspire peu.
Je pense que je proposerai a Clo de ne pas y dormir mais d'y visiter les backwaters sur une journée en bateau...

Allepey

La Venise indienne, au milieu des backwaters, est autrement plus intéressante. J'y passe plusieurs jours à me promener, à aller au temple (hindou cette fois), à visiter les backwaters et aller voir Harry Potter au cinéma (désolé, c est pas dépaysant mais au moins, j'ai vu un film au ciné en Inde, merde...).
Il est même possible d'y louer un bateau-maison et de se balader pendant 1, 2 ou 3 jours dans l'immense réseau des backwaters. C'est donc décidé. C'est un bon plan. Par contre, fini les réservations, pas de contraintes, on décidera avec Clo où on dort etc... etc... C'est donc serein que je pars pour Cochin (ou Kocchi en Indien), pour la suite du séjour...
Et oui, Clo reste 20 jours, on pourra donc en voir du pays sur un scooter de location...

Cochin

Sur place, je me rend compte que c'est bien de tout voir a l'avance mais pas parfait et j'ai peur de ne pas assez apprécier après. Et comme la ville, un ancien port de commerce un temps anglais, un temps hollandais et pour finir portugais, est très tranquille, je décide d'y rester jusqu'à l'arrivée de Clo et lis tous les jours...
Même si c'est aujourd'hui un acteur majeur des flux maritimes indiens (3eme après Bombay et Calcutta, je crois) et un piège a touristes de plus. C'est plaisant... et calme... Et oui, finalement, cela se trouve plus que prévu en Inde...

Trivendrum

Ce soir, je suis de retour à Trivendrum. Clo arrive demain et tout est prêt. Enfin j'espère... Le scooter marche bien et le plein est fait. Les hôtels réservés pour nos 3 premières nuits. Le reste, on verra... On improvisera un peu.
J'aimerai aller a Munnar, voir les plantations de theiers les plus hautes d'Indes du Sud, a Peyriar, visiter une réserve naturelle pleine d'éléphants et autres bêtes a grandes dents (pas des lapins, plus gros !) et enfin aller à la pointe extrême de l'Inde, Kanyakumari, village de pêcheur et haut lieu de l'Hindouisme...

Enfin, rien n'est sur. On décidera de cela avec Clo. Et pour le coup, on en parlera de vive voix a mon retour car velodesoie.com fait une pause de 3 semaines : Je pars en vacances avec ma chère et tendre ! Pour finir, mon billet d'avion est dans ma poche. Je pars le 6 Janvier pour Singapour...